Loin de moi l’idée de vouloir bien faire, d’être un brave citoyen discipliné, une petite fourmi sans volonté propre. Mais, admettons que je veuille bien faire…

Sous la présidence Hollande, des illuminés par la parole divine se faisaient sauter au milieu de la foule. Au nom de nos valeurs démocratiques, il fallait être nombreux à défiler, unis derrière notre chef de l’État accompagné des pires dictateurs du moment. Pour défendre la ‘Liberté chérie’, il fallait braver la mort en s’entassant sur les terrasses, combattre la kalachnikov avec une pinte de bière.
Dorénavant, tout cela est oublié, la Mort et l’Au-delà sont nos seuls horizons. Adieu ‘Liberté chérie’, tant qu’un seul d’entre nous éternuera, tu seras du passé.

Que dois-je en comprendre ?

Maintenant, sous la présidence Macron, nous sommes confinés. Les médecins chefs trouvent que ce n’est pas assez. Pour que ce soit vraiment efficace, il faudrait que nous ne sortions que pour acheter de quoi manger, une fois par semaine, « grand maximum » !
Dans le même temps, le chef de l’État déclare que les français confondent confinement et vacances (qu’il nous montre son quotidien confiné nous aiderait peut-être à comprendre pourquoi il prend cela pour des vacances…). Que les français devraient retourner, soixante heures par semaine, au turbin.

Quelqu’un peut m’expliquer ?

En prévision du confinement, les quelques fortunés du pays se sont installés dans leur château, en compagnie de leur petit personnel de maison (ce serait donc ça les vacances ?). Les bobos, et autres cadres supérieurs des grandes villes, sont allés dans leur maison de campagne. Après tout, ici ou ailleurs, ce qui compte c’est qu’ils soient confinés.
Mais les SDF, avec ou sans-papier, sont toujours à la rue ; les bidonvilles (‘campements’ pour les bien-pensants) toujours présents. Alors que des bâtiments d’habitations et de bureaux en bon état se sont vidés en masse, que c’est l’État d’Urgence Sanitaire, les pouvoirs publics ne trouve des places qu’au compte goutte, ou dans des gymnases déjà surpeuplés.

Décidément, je n’arrive pas à comprendre.

En ce qui concerne le travail, élevé au rang de droit vitale, du sacré, lors de la dernière période de grève. Seul 40 % de la population active travaille chez elle ou chez son patron. En comptant 10 % de chômage, il reste 50 % de travailleurs qui, du jour au lendemain, se trouvent eux aussi chômeurs de fait. Eux qui se pressaient dans les bouchons, s’entassaient dans les transports en commun, découvrent-ils que leur fatigue, leur stress, leur perte de temps de vie pour ce travail fut bel et bien inutile et futile ?
60 % de chômeurs ; il n’y a pas de pénurie en vue, ni en France ni en Europe. Et nous ne pouvons pas accueillir quelques milliers d’humains qui crèvent de faim de l’autre côté de la frontière ?
60 % de chômeurs, et 40 % à qui l’on demande de travailler encore plus longtemps ?

Je veux comprendre !

D’après le gouvernement, qui parle au nom du Comité Scientifique, les secteurs d’activités primordiaux à la vie de la nation sont les seuls à pouvoir fonctionner. Les usines d’armement en font parties.
Par contre, les lieux d’accueil pour les mineurs isolés ou en danger, ainsi que ceux pour les femmes victimes de violence sont fermés. Dans la même logique, les sorties de prison et de centre de rétention sont repoussées et les visites des familles et avocats interdites ; alors que les matons continuent d’aller et venir de ces lieux, surpeuplés et insalubres, à leur domicile. En tant de guerre, il faut faire des sacrifices et, comme d’habitude, se sont les plus faibles et les plus vulnérables que le pouvoir sacrifient avec courage et abnégation… Dans qu’elle catégorie, m’ont mis les gens de pouvoir ?

Est-ce que je veux vraiment comprendre ?

Bien que la population de l’Hexagone est augmentée de 10 % en 15 ans (+5.000.000 d’habitants), le nombre de lits a baissé durant la même période de 15 % (-60.000 lits) et les hôpitaux se sont endettés. Peu importe le président et le parti majoritaire de droite, de gauche ou du centre. Il y a six mois, Rouen était recouvert d’un nuage de fumée nauséabond et irritant « non toxique », d’ailleurs on ne sait toujours pas ce qui a brûlé.
Et, tout d’un coup, notre santé les pré-occupe. Un virus les a piqué, ils sont entrés en guerre contre lui.

Je commence à comprendre…

Qui dit guerre, dit crédits illimités. Des mesures ‘fortes et immédiates’ qui ne feront qu’accélérer la faillite ‘inévitable’ de la Sécurité Sociale, mais c’est un sacrifice comme un autre.
Des centaines de milliards d’euros pour les banques. Des dizaines de milliards d’euros pour les entreprises, dont la liste est tenue secrète et dont la plupart ne nous manque absolument pas (Vuitton, Dassault,… suivez mon regard !). Quelques dizaines de millions d’euros dans la recherche contre ce fameux virus, mais il faut reconnaître qu’il n’y a besoin de guère plus, puisque les chercheurs payés par le Théléton, et autres associations contre les maladies, se sont eux aussi mobilisés ; ce qu’il leur manque c’est du temps, et il ne s’achète pas.

Et puis voilà !

Ha si ! Pour les hôpitaux et sont personnels en première ligne :
– des masques ;
– du gel hydro-alccolique (les poilus avaient de l’eau-de-vie pour se donner du courage, eux) ;
– des bénévoles pour offrir des repas ;
– 3.600 réservistes (à mettre en perspective avec le million de personnels soignants en exercice et le manque chronique de lits et de places dans les différents services) ;
– la cinquième armée du monde apporte à grand renfort de communication… 70 lits ;
– la suppressions des arrêts maladies et des temps de repos ;
– des heures supplémentaires, payées après la guerre, par un pays ultra-endetté mais le billet de train est offert pour aller au front !
– des applaudissements et des émissions télé en guise de vaseline.

Dois-je comprendre que l’on nous prend pour des cons ?

le 24/03/2020 (à 18h46 mon cher Edouard)

Note aux générations futures : Devenez journalo-policier. Votre précieuse carte professionnelle en poche, vous pourrez voyager où et quand vous voudrez, même en période d’État d’Urgence terroristo-climato-sanitaire.

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